production 

le feu
© 2008 g y / sylvie berger

le feu nous a mariés d’un lien plus épais
qu’aucune république n’aurait pu le tisser


et les habits de noce qu’on nous avait donnés
étaient bien plus gracieux que ceux des catalogues

notre lune de miel à se réconforter
de silences ou de foudre en coups inattendus

le feu nous a mariés d’un lien plus épais
qu’aucune république n’aurait pu le tisser


le pire ou le meilleur de fortunes à venir
ceci n’est pas pour nous qui vivons celle-ci

et nos joies inédites minuscules brasiers
rouleront en tonnerre d’indicibles incendies

le feu nous a mariés d’un lien plus épais
qu’aucune république n’aurait pu le tisser


si aucun alchimiste ni aucun forgeron
ne saura remplacer nos richesses perdues

il ne parviendrait pas au plus grand des jamais
à contrefaire le bien que nous avons trouvé

le feu nous a mariés d’un lien plus épais
qu’aucune république n’aurait pu le tisser


peu importent les cendres les décombres et la suie
la flamme pour l’amour aussi pour la vie

celle-ci est bien douce alors n’en parlons plus
5000 passereaux sont passés au-dessus
 
g y, chant, dulcimer, autoharpe, paysage sonore
gilles chabenat, vielle à roue
yannick hardouin, basse, chœurs, celesta
yannick cluseau, percussions
gildas arzel, chœurs
et la voix de gaston bachelard, extraite d’une causerie diffusée par l’université radiophonique internationale en 1952 [© ina | radio france]
 
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